Côté alimentation, je suis un régime cétogène depuis un moment. Et même si ce régime m’a permis de me sentir beaucoup mieux avec une plus grande énergie et une meilleure digestion, il reste cependant quelques petits soucis à régler. Depuis un certain temps, j’ai développé une intolérance à des aliments comme le chocolat ou les noix. Sans avoir des réactions trop intenses, j’ai tout de même une sensation de gorge serrée qui apparaît, le nez qui coule et plus de mucus.

J’ai récemment entendu un podcast  (Primal Blue Print : https://bit.ly/2EgiqGZ) où l’invitée Anna Cabeca présentait les bienfait du régime cétogène associé à un régime alcalin.

Je pratique aussi la méthode Wim Hof et un des bénéfices de cette méthode est de rendre le pH sanguin plus alcalin. C’est d’ailleurs ce qui a permis à 12 volontaires pratiquant cette méthode de se faire injecter la bactérie Escherichia coli sans autre que de mineurs désagréments.

Jusqu’ici je pratiquais surtout la méthode pour améliorer ma résistance au froid, en négligeant parfois les exercices de respiration. J’essaye de rectifier le tir en pratiquant dorénavant tous les jours, depuis que je me suis penchée un peu plus sur ce qui se cachait derrière les bénéfices d’avoir un corps plus alcalin.

Sans compter que les états que l’on ressent dans une session de respiration de ce type sont plutôt agréables à ressentir !

  • Le principe

La notion d’acidité ou d’alcalinité est liée au pH (potentiel Hydrogène). Vous vous rappelez peut-être de vos cours de chimie de lycée : le pH se mesure sur une échelle de 0 à 14.

7 correspond à un pH neutre ; au-dessous de 7 : le pH est basique ou alcalin ; au-dessus de 7 : le pH est acide.

Cette échelle est logarithmique : le changement d’une unité de pH implique que l’acidité ou l’alcalinité est multipliée par un facteur 10. Ainsi une eau de pH 6 est dix fois plus acide qu’une eau de pH 7; une eau de pH 5 est 100 fois plus acide qu’une eau de pH 7.

Le sang est légèrement basique avec un pH entre 7.35 et 7.45. L’estomac, lui, est très acide, avec un pH autour de 3.5, ce qui lui permet de dissoudre les aliments. Le pH de l’urine varie selon ce que vous avez mangé, c’est ce qui permet, entre autre, d’équilibrer le pH sanguin. Si le pH du sang devient trop acide, le corps va puiser dans ces réserves de minéraux à partir des organes et des os pour neutraliser l’acidité.

Ainsi une condition d’état acide trop longue peut être non détectée pendant des années, tout en faisant des dégâts à petit feu.

Une toute petite fluctuation du pH vers l’acidité et des symptômes de déséquilibre acido-basique apparaîtront : le nez qui coule, des rhumes chroniques, plus de fatigue, une digestion plus difficile, des douleurs aux articulations, la peau sèche, des remontées acides, des aphtes, des ongles et cheveux cassants…

Ainsi, avoir les fluides corporels dans un état alcalin est ce qui est visé afin d’avoir une santé optimale.

Les bienfaits sont les suivants :

  • Augmentation des niveaux d’oxygène
  • Système immunitaire plus efficient
  • Une peau plus souple, d’apparence plus jeune
  • Une qualité de sommeil améliorée
  • Un niveau d’énergie au top
  • Une meilleure digestion
  • Des os en bonne santé
  • Une plus grande clarté mentale
  • Des articulations sans douleur

Une façon de savoir si vous être trop acide est de mesurer l’acidité de votre urine ou de votre salive à l’aide de bandelettes. Elles sont facilement disponibles dans toutes les pharmacies.

Voici quelques façons d’équilibrer votre pH :

  • Adopter le régime alcalin

Le principe derrière ce régime est que tous les aliments que nous consommons, produisent après digestion, un résidu basique ou acide qui est libéré dans le sang. Notre sang doit être maintenu strictement dans une certaine plage de l’échelle du pH : un écart de 0,2 vers les acides peut être fatal. Ainsi, si nous consommons trop d’aliments acidifiants, pour maintenir l’équilibre acido-basique, des mécanismes d’hormèse sont enclenchés pour alcaliniser le sang en récupérant des nutriments des organes.

Il faut veiller d’une part, à consommer suffisamment d’aliments alcalinisants, d’autre part, à éviter de consommer trop d’aliments acidifiant, sous peine de voir cette précieuse réserve diminuée.

Avoir une quantité suffisantes de nutriments basiques est indispensable à l’équilibre du pH corporel.

Le régime moderne comprend une part très importante d’aliments acidifiant comme les protéines, les céréales, les produits raffinés et sucrés. Arroser cela d’une consommation de café et d’alcool et cela crée un terrain fortement acidifiant.

Les fruits et légumes, alcalinisants, sont souvent en portion insuffisante pour rétablir l’équilibre.

Le caractère alcalin d’un aliment est ce qui en résulte après sa digestion : ainsi un fruit au goût acide comme le citron est généralement considéré comme alcalinisant car il procure des minéraux alcalinisant au corps. Cependant, le métabolisme d’une personne entre aussi en jeu : si le métabolisme d’une personne est peu efficient, les aliments acides auront une action acidifiante.

Les experts s’entendent pour affirmer qu’un régime idéal serait constitué de 80% d’aliments alcalinisant et 20% d’aliments acidifiant.

Un aliment alcalin formera une quantité importante de minéraux basiques comme : le potassium, le magnésium, le calcium, le manganèse, le fer…

Un aliment acide formera une quantité importante de minéraux acides comme : le chlore, le soufre, le phosphore, le nitrogène,…

Les aliments acidifiant sont typiquement plus denses et plus difficiles à digérer. Ce sont des aliments anabolisants, ayant tendance à être stocké plus facilement. Tandis que les aliments alcalinisant auront un effet nettoyant et détoxifiant.

Parmi les aliments acides, on peut aussi distinguer les acides forts et les acides faibles :

Les acides forts nécessitent d’être associés à des minéraux comme le sodium, le potassium, le magnésium ou le calcium pour être digérés.

Les acides faibles comme l’acide acétique que l’on peut trouver dans le vinaigre ou la plupart des fruits peuvent se combiner avec de l’eau pour former d’acide carbonique qui sera expulsé ensuite sous forme de dioxyde de carbone par la respiration. Ces aliments contiennent aussi des minéraux alcalins, qui seront les résidus transportés dans le sang. Ils sont donc alcalinisants.

Cela peut cependant dépendre du métabolisme de la personne, comme nous l’avons évoqué plus haut : en cas de faiblesse métabolique, ils pourront créer aussi des résidus acides. C’est le cas pour les tomates, les citrons, le vinaigre, le miel, la rhubarbe…

Les principaux aliments acidifiants sont :

  • Les aliments riches en protéines : la viande rouge, le blanc d’œuf
  • Les aliments raffinés
  • Les fromages, particulièrement les fromages fermentés
  • Les sodas, le café, l’alcool
  • Les légumineuses
  • Les noix (toutes les variétés hormis les amandes et les noix du Brésil)

Les principaux aliments alcalinisants sont :

  • Les agrumes
  • Les épinards
  • Les avocats
  • Le céleri
  • L’ail
  • Le gingembre
  • Les bananes bien mûres
  • Les graines germées
  • Les algues
  • Les pommes de terre
  • Les châtaignes

Si vous avez du mal à maintenir l’équilibre dans votre assiette, vous pouvez aussi mettre toutes les chances de votre côté, en remplissant votre verre d’eau alcaline.

Vous pouvez l’acheter directement dans le commerce ou la faire vous-même en y ajoutant une pincée de sel d’Himalaya ou du bicarbonate de soude.

  • Utiliser la respiration

Une autre méthode pour alcaliniser ses fluides corporels est la respiration.

Le dioxyde de carbone est acidifiant. Respirer profondément entraînera une meilleure oxygénation et une baisse du taux de dioxyde de carbone dans le sang.

Une technique très efficace pour mettre en place une respiration alcalinisante est la méthode Wim Hof.

Cette méthode est basée sur 3 piliers :

  • Des exercices de respiration
  • L’exposition au froid
  • Le renforcement du mental

Ce qui nous intéresse dans cet article est les techniques de respirations.

Voici la méthode:

  1. Installez-vous dans une position confortable, assis ou allongé
  2. Prenez 30 respirations profondes, en remplissant d’oxygène,  votre ventre, vos poumons, votre tête, au maximum.
  3. A la dernière respiration, expirez et retenez votre respiration, poumons vides.
  4. Restez aussi longtemps que possible
  5. Inspirez et retenez votre respiration, poumons pleins pendant 15 secondes
  6. Recommencez le cycle encore 2 fois.

Cette façon de respirer permet d’augmenter le pH en réduisant le taux de dioxyde de carbone.

Ce cycle de respiration permet d’augmenter sensiblement le temps de tenue poumons vides.

En effet, ce cycle débute par de l’hyperventilation. Or l’hyperventilation réduit de façon drastique le taux de CO2 dans le sang. Au début de la rétention poumons vides, on commence avec des niveaux de CO2 très bas. Or, l’un des principaux activateurs pour reprendre son souffle est le niveau de CO2. Selon certains physiologistes, 80% du besoin de respirer vient du taux élevé de CO2 et 20% du taux bas d’O2.

Certains participants de la méthode Wim Hof ont pu augmenter leur niveau de pH à 7,75 (la plage de pH sanguine est de 7.3 à 7.7) avec une chute notable de leur taux de dioxyde de carbone.

Un niveau élevé de pH sanguin entraîne un état hyper-excitabilité du système nerveux. Il procure une sensation, souvent connotée désagréablement, de perte de contrôle, semblable à ce que l’on peut éprouver lors d’une crise d’angoisse.

C’est aussi une occasion de se montrer que l’on est capable d’induire cet état soi-même, de l’activer comme le désactiver.

  • Agir sur son hygiène de vie

Notre mode de vie a aussi son importance quand il s’agit de rétablir un équilibre acido-basique. Nous avons vu l’importance de l’oxygénation.

  • Faire de l’activité physique
  • Minimiser autant que possible les situations stressantes
  • Faire régulièrement des « pauses » respiration : la méthode 365
  • Dormir suffisamment
  • Manger lentement et bien mâcher ses aliments

Pratiquez aussi le yoga : c’est un excellent moyen d’agir sur sa relation au stress et d’activer  le système parasympathique.

Par l’importance accordée à la respiration, le yoga permet d’oxygéner les tissus en profondeur.

Des poses en flexions, comme le Triangle inversé, Ardha Matsyendrasana, le crocodile,… où certains organes sont comprimés vont mettre en exergue le rôle de la respiration, surtout si l’on se concentre sur une visualisation de la respiration dans le plexus solaire et dans tout le ventre lors de la prise de ces postures.

Côté Pranayama, ce sont les respirations de Kapalabhati et Nadi Shoddhana qui seront particulièrement indiquées.

Kapalabathi agira sur le côté hyperventilation. C’est une respiration qui apporte beaucoup d’oxygène et nettoie l’appareil respiratoire.

Tandis que Nadi Shoddhana est une respiration très calmante et apaisante pour le mental.

Voici d’autres idées pour des techniques de respiration :

10 techniques de respiration pour l’énergie, le calme ou la relaxation

Préférez une pratique plus douce, comme le Yin yoga et voyez votre session comme un instant pour vous faire du bien, sans pression, sans chronomètre, en vous laissant porter par votre respiration. Allongez les temps d’expiration et d’inspiration et mettez toute votre intention dans chacun de vos mouvements. Essayez de ressentir l’espace créé dans votre corps, ressentez vos poumons s’élargir et tout votre corps devenir plus fluide.

Enfin, pour solidifier ses os, peut-être déminéralisés par un régime trop acidifiant, des postures plus ancrées et plus en force comme :

  • L’arbre
  • Le corbeau
  • Le Guerrier

combinées avec un souffle de Bhastrika pour augmenter l’effet oxygénant, seront bénéfiques pour construire de bonnes bases.

acide base yoga

  • La perspective ayurvédique

L’Ayurvéda accorde une grande alimentation. Celle-ci est adaptée à chaque individu, en fonction de son Dosha.

Selon le directeur du centre Ayurvédique Lifespa, John Douillard préconise un régime ainsi décomposé suivant la saison:

  • Printemps/été : 80% alcalin /  20% acide
  • Automne/hiver : 70% alcalin / 30% acide

Il affirme que si l’on se nourrit d’aliments de saison, cet équilibre se fera naturellement.

L’Ayurvéda préconise aussi de manger des aliments aussi frais que possible. Ce qui exclut les aliments raffinés et industriels fortement acidifiant.

Même si le lait est un aliment considéré comme sattvique, il est souvent consommé avec des épices, rendant ce breuvage, au départ acidifiant plus neutre. Par ailleurs, l’Ayurvéda recommande le lait de chèvre, légèrement alcalin.

Cette médecine déconseille les fromages fermentés, très acidifiant.

La cuisine ayurvédique fait aussi la part belle aux épices : thym, cumin, cannelle, curcuma… qui coloreront votre assiette et votre bandelette de pH vers le bleu, jaune, vert, indicateur de pH basique.

Parmi ces épices une note particulière pour le gingembre, particulièrement alcalinisant.

En suivant les préceptes de la cuisine ayurvédique, même indépendamment de votre Dosha, vous tenderez naturellement vers une alimentation plus basique.

Cette délicieuse cuisine se savoure lentement, en prenant le temps d’apprécier chaque aliment.

L’équilibre acido-basique de l’alimentation peut être comparé aux différentes qualités des aliments selon l’Ayurvéda liés Gunas.
En effet, selon l’Ayurvéda, le mental lui est composé des trois Gunas, les qualités essentielles du mental.

Ce sont :

  • sattva : l’harmonie, la pureté, la vérité, la beauté, le calme
  • rajas : le changement, l’énergie, les passions, la force, le désir, l’égo
  • tamas : l’attachement, l’obscurité, les ténèbres, la lourdeur, l’inertie, la froideur.

Ainsi,

  • sattva pourrait être relié à l’état alcalin,
  • rajas pourrait être relié à l’état neutre,
  • tamas pourrait être relié à l’état acide.

L’état sattvique est un état d’harmonie, de pureté et de paix intérieure. Dans cet état, nous sommes inspirés, concentrés, nous ressentons de la joie, du contentement, de l’amour.

Notre corps nous paraît léger et plein d’énergie. Nous le maîtrisons parfaitement. Nous donnons sans attendre en retour. Une vie épanouie est une vie où les instants sattviques sont prédominants.

La qualité sattvique peut être infusée différemment :

  • en pratiquant des activités sattviques : comme la méditation ou le yoga
  • en adoptant des pensées positives
  • en se promenant dans un environnement sattvique : un lac, une forêt, …
  • en s’entourant de personnes à dominante sattvique : calmes et bienveillantes
  • en adoptant un régime sattvique :

* les aliments suivants sont considérés comme sattviques : les fruits et les légumes frais, les laitages d’origine biologique, les noix, les légumes, le miel, les huiles (à noter que les noix, le miel, les laitages sont considérés comme acidifiant).

* la préparation est aussi importante : le repas doit avoir été fraîchement préparé et avec une intention d’amour. Les aliments ne doit pas avoir été conçus dans un processus nuisible à l’environnement, aux animaux ou aux êtres humains.

On peut voir les parallèles entre la recherche de l’état sattvique et l’état alcalin.

blueberry

Conclusion

A vrai dire, je tâtonne toujours afin de trouver un régime qui me corresponde. Les avis sont aussi controversés quant à la valeur scientifique du régime acido-basique.

Toujours est-il que je me sens mieux lorsque j’évite café, chocolat et noix. J’ai aussi effectué quelques ajustements en remplaçant le vinaigre balsamique par du vinaigre de cidre. Je vais continuer quelques temps dans cette voix (même s’il est difficile de me passer de chocolat noir et de café !).

Je me retrouve plus dans la perspective ayurvédique en privilégiant les aliments sattviques et en mangeant dans le calme et la gratitude.

Même si l’Ayurvéda a une approche tellement fine et personnalisée de l’alimentation, cette médecine prône des conseils à appliquer qui font sens pour tous, peu importe le Dosha.

Cette perspective acido-basique m’a cependant incitée à renouer avec la pratique de la méthode Wim Hof.  J’ai renoué avec la pratique quotidienne de l’hyperventilation, jusqu’à atteindre les sensations de fourmillements dans les doigts. Cela m’a remotivée pour goûter à tous les nombreux bienfaits de cette méthode.

Les recommandations générales sont très intéressantes : s’oxygéner plus souvent, réduire son niveau de stress, faire des exercices de respirations…

En résumé, revenir à un mode de vie plus basique !

Sources :

http://www.muditainstitute.com/articles/ayurvedicnutrition/alkalinediets.html

https://www.ibfnetwork.com/news/story/adrenalin_breathing_with_wim_hof

ttps://lifespa.com/alkaline-foods-for-health/